L'ÉTAT MISE 160 MILLIONS D'EUROS SUR LE TERRITOIRE AJACCIEN




La municipalité, la Capa et l'État ont signé un protocole d'accord pour un investissement d'ampleur dans des infrastructures ajacciennes. L'implication de l'État devrait être massif et sérieusement amputer les ressources du PTIC. De son côté, la CdC estime avoir été écartée

L'image se voulait marquante. Ce jeudi, dans le salon napoléonien de l'hôtel de ville, le maire d'Ajaccio et président de la Capa, Laurent Marcangeli signait avec le préfet Pascal Lelarge un protocole d'accord sur un contrat de relance et de transition écologique (CRTE). Un programme d'investissements de plus de 160 millions d'euros ventilés sur huit projets de l'intercommunalité.

"Cent soixante millions d'euros de financements : l'aboutissement de plusieurs années de travail entre la ville d'Ajaccio et le Pays ajaccien", s'est félicité Laurent Marcangeli dans un tweet.

Un moyen de souligner sa capacité à travailler en bonne intelligence avec l'État afin de mener à bien des projets majeurs pour le territoire, à l'heure où les relations entre la Collectivité et le préfet sont au plus bas et où beaucoup des dossiers de la CdC se trouvent en souffrance.

L'occasion aussi pour le maire d'Ajaccio de revendiquer une réussite politique, avec des projets majeurs, qui pourraient être largement financés par l'État.

À quelle hauteur ?

Le préfet Pascal Lelarge n'avance pas de chiffre, mais du côté de la ville, on attend beaucoup. "L'objectif c'est d'avoir un financement du projet qui tourne autour de 80 %", estime Antoine Maestrali, directeur de cabinet de Laurent Marcangeli. Dont une grande partie tirée du Plan de transformation et d'investissement pour la Corse (PTIC). Sur les 500 millions que compte le PTIC, ce sont donc plus de 100 millions qui pourraient être affectés au seul territoire ajaccien.


"Du saupoudrage"

Une enveloppe disproportionnée ?

À trois mois des élections territoriales, ces choix de financement interroge inévitablement. "Le rayonnement d'Ajaccio, tout comme celui de Bastia sont des éléments clefs", assure le préfet. "Un cinquième des fonds alors que la Capa représente près d'un tiers de la population de la Corse, ça ne me paraît pas démesuré", juge de son côté Antoine Maestrali.

"On ne peut pas se contenter du seul critère démographique", réagit-on dans l'entourage du président de l'exécutif Gilles Simeoni. "Dans le rural, en montagne, c'est là qu'il y a le retard d'infrastructure le plus important".

Plus généralement, le financement des projets de la Capa via le PTIC est symptomatique de la place prise par les intercommunalités dans les politiques publiques, mais surtout d'un changement de paradigme dans l'affectation des fonds de l'État.

Si le Plan exceptionnel d'investissement (PEI) associait État et collectivité dans le financement d'infrastructures jugées structurantes à l'échelle de l'île (ferroviaire, infrastructures routières etc.), le PTIC permet d'alimenter des projets de villes ou d'intercommunalités.

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