TENSIONS AUTOUR DE L'EDIFICATION D'UNE ANTENNE 4G A PERI



Hier, les opérations d'installation d'une antenne 4G près du village de Peri ont commencé en présence de plusieurs gendarmes. La mairie a signé en 2018 une convention en ce sens avec Free. Mais, pour un collectif de riverains, cette antenne empiète sur un site patrimonial et sacré

Il fallait montrer patte blanche pour accéder à la colline de San Larenzu Vecchiu, à Peri, hier. Un important dispositif de gendarmerie avait été déployé afin d'empêcher l'accès au site à une poignée de militants. En cause : l'édification d'un pylône arbre de téléphonie mobile. Une installation qui a nécessité l'intervention d'un hélicoptère, survenue aux alentours de dix heures et donc la mise en place d'un périmètre de sécurité. Les gendarmes sont arrivés sur site vers 7 heures, un peu avant les membres du collectif Pà u cumunu I Peri.


Ces derniers contestent l'installation de cette antenne 4G sur ce site dont ils défendent le caractère patrimonial et sacré. Dominée par une croix séculaire, la colline abrite en effet des vestiges enterrés d'une chapelle romane et surplombe le cimetière de la commune.


« Nous n'avons jamais été opposés à cette antenne, mais nous voulons conserver ce site intact », s'indigne Jérôme Bisgambiglia, à la tête du collectif et membre de la liste d'opposition aux dernières municipales. Pondérés dans leur discours, les membres du collectif s'en sont cependant pris à un agent technique qui quittait le site en voiture, le traitant de « collabo ».

« Toi, en quarante, on sait de quel côté tu aurais été », a-t-on entendu. Contactée, la mairie n'a pas souhaité communiquer. Cette dernière avait signé en 2018 une convention avec l'opérateur Free portant sur l'installation d'un pylône arbre afin d'assurer une couverture 4G au village de Peri. Ce dernier ne bénéficierait pour l'heure que de la 3G.

De son côté, Free confirme le déploiement de son antenne relais et assure avoir constaté « une forte demande des habitants pour l'accès au réseau mobile ». La présence de la 4G répondrait aussi à un impératif de sécurité, le village comptant de nombreux habitants âgés.

L'intégration au site


Étant donné les spécificités patrimoniales et paysagères du site, l'option classique d'une antenne haute de 30 mètres a été écartée au profit du pylône arbre. Celui-ci mesurerait 13,5 mètres et devrait être entièrement végétalisé pour ressembler autant que possible à un arbre.


« Nous déployons nos meilleurs efforts pour intégrer au mieux notre antenne sur ce site », assure Free, qui se dit aussi « soucieux de la préservation du site ». La Direction régionale des affaires culturelles (Drac) a été sollicitée l'an dernier pour établir un diagnostic concernant les vestiges archéologiques et constaté que l'antenne n'empiétait pas sur la chapelle, selon Franck Leandri, directeur de la Drac.

Des arguments qui risquent fort de ne pas convaincre le collectif, qui avait accroché une banderole « Non à l'antenne », à proximité de l'entrée du site. Au-delà du fond, c'est aussi la méthode qui a irrité les membres du collectif.

Ceux-ci déplorent une procédure « en catimini » et un arrêté municipal pris très tardivement hier pour interrompre la circulation.

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