UN DECRET MINISTERIEL ASSOMBRIT L'AVENIR DES ECOLES DE DANSE


Mais qu'est-il donc advenu des écoles de danse ? Fermées de mars à juin 2020, puis rouvertes pendant l'été, un décret du ministère de la Culture est venu doucher leurs espérances. Les écoles sont, pour beaucoup, closes depuis fin octobre dernier, laissant des centaines de jeunes sportives chez elles.


Un décret revu et corrigé


La règle est claire : toutes les écoles d'amateurs doivent baisser leur rideau. Seules celles formant des professionnels ou délivrant un diplôme professionnalisant peuvent rester ouvertes. Mais l'affaire ne s'est pas déroulée comme prévu. Il suffit d'un décret flou, pour que les écoles ne sachent plus sur quel pied danser.

D'après des informations transmises par la préfecture de Corse, le décret pris le 29 octobre dernier manquait de clarté. La danse n'était alors pas clairement inscrite sur le décret comme faisant partie des enseignements artistiques à ne pas être autorisés. Un manque de précision qui a alimenté une incompréhension générale, comme en témoigne Frédérique Arène, professeure de danse chez Chorégraphia : " Chaque école avait sa propre version. Certaines restaient ouvertes, d'autres non... Beaucoup n'ont pas compris le décret. "

Ce n'est que trois mois et demi plus tard, le 18 février dernier, que le décret a été modifié. Le mot " danse " est enfin écrit noir sur blanc, plus de doute possible. Une décision que la professeure n'approuve pas. " Je trouve cela injuste que les centres de formation continuent et pas les amateurs, déplore-t-elle. Nous possédons les mêmes studios et la distanciation entre les élèves est la même. "


"Je réfléchis à rendre les clés de mon studio"


Les écoles de danse, pour les amateurs, sont obligées de s'adapter péniblement à la fermeture de leurs studios. Christelle Bucchini, professeure et présidente de l'école de danse Artistic, a d'abord opté pour la retransmission en ligne.

" Depuis le début de la pandémie, on a fait les cours par visioconférence, explique-t-elle. Mais par ordinateur, il n'y a plus de liens affectifs, on ne peut pas corriger nos élèves. Pour certaines, il y a peu de places chez elles... C'est une situation très compliquée ". Fin janvier, elle a su innover. " Nous nous sommes installés sur le parking du Palatinu, confie-t-elle. Et on a aussi adapté notre style. On a commencé à faire du street jazz. Cela n'a rien à voir avec le jazz moderne que je leur apprends, mais au moins ça leur plaît. "

Si certaines écoles ont su s'accommoder, leur situation économique ne s'est pas pour autant arrangée. À l'école Artistic, les élèves sont passés de 120 à près de 50 avec la pandémie. " J'ai peur de fermer, explique Christelle Bucchini. Cela fait plus de onze ans que j'ai mon studio, et hier pour la première fois je suis allé voir ma propriétaire. Je lui ai demandé les conditions pour rendre les clés. J'y réfléchis sérieusement." Son studio, elle ne peut plus y entrer, mais continue tout de même de le payer. De l'argent " jeté par la fenêtre ".


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